La Thaïlande a choisi Krabi comme vitrine de son virage vers le tourisme durable. L’office national du tourisme, la TAT, en a fait son modèle, et met en avant dix circuits certifiés pour 2026 et 2027.
Commençons par une mise au point. C’est une opération de communication publique autant qu’une politique, et il faut la lire comme telle. Cela dit, ce qu’il y a dessous est concret et utilisable.
Ce que recouvrent les circuits certifiés
Les itinéraires portent le label « Travel with Care ». Ils reposent sur des opérateurs certifiés selon le référentiel thaïlandais STAR et sur des hôtels dont l’empreinte carbone est suivie.
Deux exemples donnent une idée du contenu. Des visites de mangrove gérées par la communauté de Ban Thung Yee Peng, et des activités de conservation marine autour de Ko Ngai.
Ce sont des adresses précises, pas des slogans. C’est la différence entre un label creux et un label qui renvoie à quelque chose qu’on peut réserver.
Krabi est présentée comme la première destination thaïlandaise de tourisme durable, et le modèle doit être étendu à d’autres villes, Chiang Mai en tête.
Le contexte national derrière l’annonce
Krabi n’est pas un cas isolé. Le pays porte un plan de tourisme vert à horizon 2030, qui prévoit de transformer douze grandes villes en pôles bas carbone.
La logique affichée est celle de la valeur plutôt que du volume. Moins de visiteurs, qui dépensent plus et abîment moins, plutôt que des records de fréquentation.
C’est un tournant réel pour un pays qui a longtemps compté ses touristes en millions, et qui a vu certains de ses sites fermer pour cause de dégradation.
Ce que ça change pour toi, et ce que ça ne change pas
Ce que ça change : il existe maintenant une liste d’opérateurs vérifiés à Krabi, ce qui est utile dans une région où l’offre d’excursions est pléthorique et très inégale.
Si tu cherches une sortie en bateau ou une visite de mangrove, partir de cette liste te fait gagner du temps de tri et réduit le risque de tomber sur une excursion de masse.
Ce que ça ne change pas : les plages les plus connues de Krabi restent fréquentées, et un label ne vide pas Railay ni les Phi Phi en haute saison.
Ça ne change pas non plus les prix. Un circuit certifié coûte en général plus cher qu’une excursion standard, et c’est assumé par le dispositif.
Quand y aller
La question du calendrier pèse davantage que le label sur la qualité d’un séjour à Krabi. La côte andamane a une saison des pluies marquée, de mai à octobre.
Notre guide sur la saison des pluies en Thaïlande détaille ce qui reste faisable et ce qui ne l’est pas selon les mois.
Dernier point d’honnêteté. Je n’ai pas trouvé de bilan chiffré indépendant sur les effets réels de ces mesures à Krabi, seulement les annonces et leurs reprises.
Le dispositif a le mérite d’exister et les adresses sont vérifiables. Pour le reste, il faudra juger sur pièces dans un an ou deux.