Un poisson facturé 1 650 pesos dans un restaurant de Panglao, soit environ 23 euros au taux de septembre 2026, a suffi à relancer un vieux débat aux Philippines. Bohol est-elle devenue trop chère ?
La photo de l’addition a circulé sur les réseaux sociaux la semaine dernière. Elle est arrivée au pire moment pour la province, qui traverse une mauvaise passe touristique.
Ce qu’a dit le gouverneur
Erico Aristotle Aumentado, gouverneur de Bohol, a réagi mardi 15 septembre. Il a demandé aux professionnels du tourisme de pratiquer des prix justes et d’améliorer le service.
Son argument porte moins sur le touriste que sur l’économie locale. Il veut que la croissance du secteur profite aussi aux petits acteurs, et pas seulement aux gros établissements.
Derrière cette sortie, il y a un chiffre difficile à ignorer. Les arrivées à Bohol ont chuté de 59 % au premier trimestre 2026, à 170 016 visiteurs contre 417 142 un an plus tôt.
Ces données viennent du ministère philippin de l’Économie et de la Planification. La baisse touche surtout la clientèle domestique, en recul de 73 %, contre 40 % pour les visiteurs étrangers.
Est-ce vraiment une question de prix ?
Honnêtement, pas seulement. Les analystes cités par la presse philippine pointent d’abord la hausse du carburant et des billets d’avion, les tensions géopolitiques et la concurrence des autres destinations.
Des habitants de Bohol ont d’ailleurs répliqué que la facture d’un restaurant de bord de plage ne résume pas une province entière. Ils n’ont pas tort : Panglao concentre les tarifs les plus élevés de l’île.
Ce qui est vrai, c’est que l’écart de prix entre la zone touristique et le reste de Bohol est devenu très large. Et que rien ne t’oblige à manger du côté cher.
Le piège du poisson au poids
L’addition qui a fait scandale relève d’un mécanisme classique. Dans beaucoup de restaurants de bord de mer, le poisson est vendu au poids, et le prix affiché est un prix au kilo.
Tu choisis une pièce dans la glace, on la pèse, et le total dépend d’un poids que tu n’as pas contrôlé. Deux kilos passent très vite quand le poisson est entier.
Le réflexe qui règle le problème tient en une question. Avant de commander, demande le prix au kilo et le poids exact de la pièce, puis fais le calcul à voix haute.
Aucun restaurant sérieux ne le prendra mal. Ceux que ça dérange t’auront donné l’information la plus utile de la soirée.
Les ordres de grandeur à prévoir
Dans une carinderia, ces cantines populaires où l’on choisit parmi des plats déjà cuisinés, un repas complet tourne autour de 100 à 200 pesos. Compte 1,50 à 3 euros.
Dans un restaurant correct de Tagbilaran ou de l’intérieur de l’île, prévois 250 à 500 pesos par personne. Sur Alona Beach, à Panglao, la même assiette double facilement.
Les fruits de mer et le poisson entier sont la catégorie où l’écart explose. Le reste de la carte reste dans des clous raisonnables, même dans les zones touristiques.
Ce que ça change pour ton voyage
Rien qui justifie de rayer Bohol de ton itinéraire. L’île garde ses tarsiers, ses Chocolate Hills et un accès simple depuis Cebu.
Le ferry entre Cebu et Tagbilaran reste la porte d’entrée la plus économique, et les bus locaux vers Panglao coûtent une fraction du prix d’un transfert privé.
Le vrai conseil est de ne pas loger et manger au même endroit tous les soirs. Dix minutes de scooter suffisent à sortir de la zone à prix gonflés.