Sauce teriyaki maison : la recette en quatre ingrédients

Pressia
Par Pressia
Photo : Marvin Sacdalan, Licence Pexels

Au Japon, personne ne pose une bouteille de sauce teriyaki sur la table. Le mot ne désigne pas un condiment mais une cuisson, et la sauce se fabrique dans la poêle, en deux minutes, avec ce qu’il y a déjà dans le placard.

Je t’explique d’où vient le malentendu, comment se fait la vraie sauce, et pourquoi le flacon brun et épais du rayon asiatique n’a presque rien à voir avec ce que tu as mangé là-bas.

Le teriyaki est une cuisson avant d’être une sauce

Le mot se coupe en deux. Teri désigne le brillant que le sucre laisse sur un aliment, yaki la cuisson au gril ou à la poêle. Le nom décrit donc un résultat visuel, pas une recette.

La technique remonte à l’époque d’Edo et s’applique d’abord au poisson. On saisit, on essuie le gras, on verse la sauce dans la poêle chaude, et on fait tourner jusqu’à ce que ça nappe.

C’est le jus de cuisson qui fait la différence. Une sauce réduite à part, versée sur une viande déjà dressée, ne donnera jamais le même goût, parce qu’elle n’a rien récupéré de la poêle.

Des brochettes et des fruits de mer grillés sur un barbecue ouvert, au Japon
Au Japon, le laquage se fait sur le gril, avec une sauce qui ne sort pas d’une bouteille. Photo : sl wong, Licence Pexels

Quatre ingrédients, et un ratio qui se retient

Sauce soja, mirin, saké, sucre. C’est tout. Aucune gousse d’ail, aucun gingembre, aucune fécule, tout cela vient des versions occidentales.

Le ratio tient en une ligne : une part de sauce soja, une part de mirin, une part de saké, un quart de sucre. Il se met à l’échelle pour deux personnes comme pour huit.

Les trois liquides à parts égales font consensus. La recette officielle de Kikkoman pour le buri no teriyaki donne trois cuillères à soupe de chacun, et la presse culinaire japonaise publie le même équilibre.

Le sucre, lui, ne fait pas consensus du tout. Kikkoman en met deux cuillères à café pour neuf cuillères à soupe de liquide. Le média japonais LIVE JAPAN en met plus du double.

Je me suis arrêté à un quart de part, entre les deux. Le mirin sucre déjà beaucoup, et une sauce trop sucrée brûle avant de napper. Si tu cherches le laqué franc des bento, monte à une demi-part.

La recette

Sauce teriyaki maison

Pour4 personnes, environ 12 cl de sauce réduitePreparation2 minCuisson8 min

Ingredients

  • 4 cuillères à soupe de sauce soja japonaise (60 ml)
  • 4 cuillères à soupe de mirin, de préférence du hon-mirin (60 ml)
  • 4 cuillères à soupe de saké de cuisine (60 ml)
  • 1 cuillère à soupe de sucre en poudre (12 g)

Preparation

  1. Mesurer. Verse la sauce soja, le mirin et le saké à parts égales dans une petite casserole froide, puis ajoute le sucre.
  2. Dissoudre. Fouette à froid jusqu’à ce que le sucre disparaisse. Il ne doit plus crisser sous le fouet.
  3. Réduire. Porte à frémissement à feu moyen, sans couvrir, et laisse réduire six à huit minutes. Jamais à gros bouillons.
  4. Vérifier. La sauce est prête quand elle nappe le dos d’une cuillère et qu’un trait de doigt y laisse une trace nette.
  5. Laquer. Essuie le gras de la poêle où la viande ou le poisson vient d’être saisi, verse la sauce et fais tourner jusqu’à ce que ça brille.

Le mirin, c’est là que la plupart des sauces se ratent

Le mirin n’est ni du vinaigre de riz ni du vin blanc. C’est un alcool de riz doux, autour de 14 degrés, obtenu par saccharification lente de riz gluant et de koji.

Ce sont ses sucres qui donnent le brillant, et Kikkoman le dit sans détour : c’est le mirin qui fait le teri. Sans lui, tu obtiens une sauce soja sucrée, sombre et mate.

Le piège est en rayon. À côté du hon-mirin se vend du mirin-fu chomiryo, un assaisonnement façon mirin titrant moins d’un degré, sucré au sirop de glucose et souvent salé.

Il dépanne, il ne remplace pas. Cherche la mention hon-mirin ou le caractère 本 sur l’étiquette, en épicerie japonaise ou dans les rayons asiatiques bien fournis.

Pas de mirin sous la main ? Remplace-le par du saké additionné de sucre, à raison d’une cuillère à café de sucre par cuillère à soupe de saké. Le résultat est correct, un peu moins brillant.

Plusieurs bouteilles de sauce soja japonaise alignées sur une étagère
Un rayon de sauces soja japonaises. Le mirin se range juste à côté, et c’est là que l’étiquette compte. Photo : GanMed64, CC BY 2.0

Pourquoi la bouteille du supermarché n’a pas ce goût

Parce qu’elle ne vient pas du Japon. Le teriyaki épais et très sucré est né à Hawaï, chez les immigrés japonais, qui ont ajouté à la base soja et mirin du sucre roux, de l’ail, du gingembre et du jus d’ananas.

Le format restaurant s’est ensuite installé sur la côte ouest américaine. À Seattle, Toshihiro Kasahara ouvre en 1976 le premier comptoir dédié, avec une assiette de poulet teriyaki à 1,85 dollar.

Dans les années 1980, des restaurateurs coréens reprennent le concept et épaississent la sauce à la fécule de maïs pendant l’ébullition. C’est de là que vient la texture sirupeuse vendue aujourd’hui en France.

Ce n’est pas une contrefaçon. C’est un plat américain à part entière, et il est bon. Mais il porte un nom japonais qui décrit autre chose, et c’est ce qui trompe le voyageur au retour.

Même mécanique qu’avec la sauce hoisin, l’autre sauce brune et sucrée qu’on croit interchangeable. Elle laque aussi, mais elle est chinoise et bâtie sur de la pâte de soja fermentée.

Où tu croises vraiment le teriyaki au Japon

Sur du poisson, d’abord. Le buri no teriyaki, à base de sériole, est un classique d’hiver. La kan-buri pêchée dans le froid est grasse, et elle supporte le laquage sans se dessécher.

Ce poisson dépasse largement l’assiette. Dans l’ouest du Japon, la sériole est le poisson du réveillon, le toshitori-zakana, là où l’est du pays sert du saumon.

Ensuite dans les bento. Un filet de poulet laqué posé sur du riz blanc est un standard des konbini et des gares, à toute heure, pour trois à six cents yens.

Et jusque chez McDonald’s, où le Teriyaki McBurger tient le menu japonais depuis la fin des années 1980. Ça en dit long sur l’ancrage du goût dans le pays.

Ce que tu ne verras pas, en revanche, c’est une bouteille de teriyaki sur la table d’un izakaya. Le condiment posé devant toi sera de la sauce soja, du shichimi, éventuellement du ponzu.

Les erreurs qui ratent une sauce teriyaki

Verser la sauce dans une poêle grasse. La recette de Kikkoman insiste sur ce point : on essuie l’excédent d’huile au papier avant de laquer, sinon la sauce reste liquide et ne prend jamais.

Réduire trop fort. À gros bouillons, le sucre caramélise puis devient amer en moins d’une minute. Un frémissement à feu moyen suffit, et on surveille.

Saler en plus. La sauce soja apporte déjà tout le sel, et la réduction le concentre encore. Goûte avant d’ajouter quoi que ce soit.

Confondre laquage et marinade. Faire mariner une heure dans la sauce crue puis griller donne un résultat correct, mais ce n’est pas du teriyaki, et la viande brûle plus vite à cause du sucre.

Conservation, sans gluten, sans alcool

Réduite puis versée chaude dans un bocal propre, la sauce tient deux à trois semaines au réfrigérateur. Le sel et le sucre la protègent, mais elle n’a aucun conservateur. Si elle sent l’aigre, elle part.

Pour une version sans gluten, remplace la sauce soja par du tamari. La sauce soja japonaise classique est brassée avec du blé, à la différence de la plupart des tamari, faits au soja seul.

Sans alcool, prends du mirin-fu et remplace le saké par de l’eau ou un dashi léger. Tu perds en profondeur, tu gardes le principe.

Le teriyaki reste par ailleurs entièrement végétarien, à la différence de la sauce d’huître avec laquelle on le confond parfois devant un wok. Sur du tofu ferme bien saisi, il fonctionne aussi bien que sur du poulet.

Une fois le ratio en tête, tu n’achèteras plus la bouteille. C’est le genre de recette qui se fait de mémoire, un soir de semaine, sans rien peser.

Questions fréquentes

?Par quoi remplacer le mirin dans une sauce teriyaki ?

Par du saké additionné de sucre, une cuillère à café de sucre par cuillère à soupe de saké. Le mirin-fu chomiryo dépanne aussi, mais il est sucré au glucose et donne moins de brillant. Le vin blanc sec est un dernier recours, plus acide et moins rond.

?La sauce teriyaki contient-elle du gluten ?

Presque toujours, oui. La sauce soja japonaise est brassée avec du blé autant qu’avec du soja, et c’est elle qui forme la base. Pour une version sans gluten, remplace-la par du tamari, généralement fait au soja seul, en vérifiant l’étiquette.

?Combien de temps se conserve la sauce teriyaki maison ?

Deux à trois semaines au réfrigérateur, versée chaude dans un bocal propre et bien fermé. Le sel et le sucre la protègent mais elle ne contient aucun conservateur. Une odeur aigre ou un voile en surface signent la fin.

?Quelle est la différence entre teriyaki et yakitori ?

Le teriyaki est une technique de laquage, le yakitori une brochette de poulet grillée au charbon. La sauce des yakitori, la tare, part de la même base de soja, mirin, saké et sucre, mais elle vit dans un pot où les brochettes sont trempées à répétition et s’enrichit du jus de volaille.

?Peut-on faire du teriyaki sans saké ?

Oui, en le remplaçant par de l’eau ou par un dashi léger. La sauce reste bonne, un peu plus plate : le saké apporte de la profondeur et aide à effacer les odeurs fortes du poisson. Ne double pas le mirin pour compenser, la sauce deviendrait écœurante.

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